Au jour le jour

Nouvelles technologies pour les personnes vivant avec une maladie chroniques : quels usages, quels impact ?

 

Ce 20 février 2019 avait lieu notre conférence Homo Connectus & Dr Data pour diffuser et discuter des résultats suite à l’étude que nous avons menée en partenariat avec la Chaire Réseaux Sociaux et Objets Connectés de l’Institut Mines-Télécom Business School. Cette étude a été menée auprès des principaux intéressés pour mieux comprendre comment les personnes malades chroniques et leurs proches utilisent les nouvelles technologies dans le cadre de leur santé.

Nous sommes fiers de vous présenter le rapport final “IMPACT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES SUR LA SANTE ET LA QUALITE DE VIE DES PERSONNES VIVANT AVEC UNE MALADIE CHRONIQUE”. Vous pouvez consulter le rapport par ici : 2019_RAPPORT_FINAL_IMT_ICA

Vous pouvez retrouver ci-dessous la parole d’ICA présente en conclusion du rapport

 

L’équipe ICA présente sur le podium en conclusion de la conférence Homo Connectus & Dr Data du 20 février 2019

 

La parole d’ICA

Cette étude a été l’aboutissement d’un long processus mis en place par notre coalition de 14 associations des États Généraux Permanents des personnes vivant avec une ou des maladies chroniques et leurs proches. Lors de ces Etats Généraux, plusieurs thématiques étaient alors ressorties, et celle des nouvelles technologies est venue nous interpeller par les différentes choses que nous pouvions entendre dans nos associations, ainsi que dans le monde de la santé. Il nous a donc semblé important de pouvoir s’engager dans une recherche et étude des nouvelles technologies et des maladies chroniques, et les effets que pouvait avoir ou non le numérique dans les parcours de vie des personnes.
Nous avons voulu que cette étude soit menée avec notre méthodologie de démarche communautaire, « faire avec les personnes concernées », avec les demandes exprimées, les besoins identifiés, et les réponses adaptées de la communauté des malades chroniques. Les réponses adaptées seront certainement l’étape suivante pour notre collectif et les personnes.
Cette première étude faite en collaboration avec l’Institut des Mines Telecom Business School nous permet de poser des premiers constats, et nous montre notre place importante dans le numérique et les parcours de santé des personnes et des relations avec les soignants. Nous patients, nous personnes concernées, nous avons des choses à dire, nous voulons une garantie d’être entendus avec notre savoir profane et nos parcours quotidiens avec les maladies chroniques et celui de nos proches.
Notre étude nous montre que les nouvelles technologies n’ont pas d’effets délétères dans les parcours de santé des personnes et la relation avec le monde des soignants.
Et pourtant internet est un vrai enjeu, les informations qu’on y trouve peuvent impacter, voire même modifier les décisions des personnes malades chroniques et leurs proches. Des côtés pervers comme l’auto-diagnostic ou la désinformation peuvent entraîner une baisse de l’estime de soi et freiner l’envie de prendre soin de soi et d’agir pour sa santé.

Aujourd’hui il nous semble que le principe de l’empowerment, peut renforcer la capacité des personnes à agir favorablement pour leur santé et va surtout demander aux associations de travailler sur les informations essentielles au parcours de vie des personnes sur leurs sites. Il va également nécessiter une collaboration étroite avec les pouvoirs publics sur les contenus et les informations incontournables, en garantissant celles-ci par une qualité et leur sécurité.
Concernant les applications et les objets connectés, il nous semble aujourd’hui central que les personnes concernées et les associations de patients soient intégrées dans le processus global de la conception de ces outils numériques. Il est aussi essentiel que ceux-ci soient encadrés et co-construits avec l’industrie du numérique par une charte encadrant les processus d’élaboration, d’évaluation, de qualité par l’ensemble des acteurs concernés : les personnes, les soignants, les institutionnels et industriels.
Ces outils produisent des données importantes et utiles à tous, nous ne discutons pas sur ce fait. Aujourd’hui, les bénéfices de ces outils vont vers les industriels du numérique et de la santé, et sont une manne d’argent importante, une source d’informations qui profitent et permettent aux industriels de faire fonctionner leur industrie. Et sans les personnes (les patients) il n’y aurait pas de données.
Il nous semble qu’une partie de ces bénéfices devrait revenir aux personnes et aux représentants associatifs défendant leurs droits en élaborant avec eux des stratégies et des évolutions utiles au système de santé et à l’élaboration de nouveaux produits de santé. Nous devons aussi garantir la sécurité de ces données et contrôler leur circulation pour protéger les personnes et leurs proches, sans oublier le rôle des pouvoirs publics de protection, d’accès et de consentement du recueil de ces données par les personnes.
Cette étude renforce nos convictions que les nouvelles technologies doivent prendre en compte les principes de santé globale, de mobilisation de l’ensemble des acteurs, d’inclure les personnes donc une démarche communautaire, l’empowerment, et participer à la transformation sociale pour trouver leur place dans les parcours de vie des personnes, en lien avec les soignants.
Nous les malades chroniques nous voulons que le numérique soit un allié, un facilitateur à notre santé globale sans endommager la relation soignés / soignants.

Pour cela nous souhaitons continuer à observer les effets des nouvelles technologies sur les maladies chroniques et leurs proches, et amplifier cet observatoire et recherches en incluant les soignants avec leurs besoins identifiés visà-vis du suivi et de l’accompagnement des personnes.
Nous serons vigilants sur les points d’amélioration évoqués, et sur l’inclusion des différents acteurs des domaines de la santé et du numérique pour agir pour les communautés tout en gardant nos différences et pour une santé globale et égalitaire.
Nous serons intransigeants sur les questions des données, de sécurité de celles ci et insistons sur la nécessité d’engager un dialogue avec les différents acteurs et les pouvoirs publics pour définir ensemble comment aujourd’hui ces données génératrices de moyens puissent être réparties de façon équitable pour permettre une vraie démocratie et l’implication des personnes à agir pour leur santé. Vous l’aurez compris, ce que nous demandons c’est : RIEN SANS NOUS !